Hyperemesis gravidarum : définition, symptômes, mon vécu

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Hyper …quoi ? Hyperemesis gravidarum, une maladie dont on parle très peu et qui touche très peu de femmes enceintes, seulement entre 0,5 et de 2 %. Vous avez peut-être entendu parler de Kate Middleton qui en a souffert. Et même pendant ses 3 grossesses. Moi aussi, j’ai vécu cette expérience. J’en parle que maintenant, car on trouve beaucoup d’informations générales, mais très peu de partage d’expérience d’autres femmes. Il est vraiment difficile de comprendre et imaginer ce que c’est, si on ne le vit pas. Et puis, on a tendance à nous dire, ce n’est que des nausées, cela ne dure que 2 ou 3 mois, cela ne peut pas être si horrible que cela. Effectivement, ce n’est pas si horrible, mais c’est très difficile à gérer lorsque nous devons continuer à travailler, car on n’est pas une princesse :). Vous trouverez mon partage d’expérience dont l’objectif n’est pas de vous faire peur, mais de vous préparer pour mieux vivre votre grossesse.

Quels sont les symptômes ?

En effet, vous souffrez de cette maladie très très désagréable si vous avez la nausée ET si vous vomissez plus de 3 fois par jour. Cela peut entraîner d’autres complications, comme par exemple la perte du poids, la déshydratation, l’hypertension. Pour être honnête, je bois déjà beaucoup d’eau tous les jours, donc je n’ai pas eu de problèmes de déshydratation, ni de perte de poids d’ailleurs. La sage-femme qui m’a suivie n’avait remarqué rien d’inquiétant et pourtant….La vie de tous les jours n’était pas facile à organiser. Je pense d’ailleurs que c’est à cause de cela que je n’avais pas pris beaucoup de poids, à peine 10 kilos. Et 3 jours après l’accouchement, lorsqu’on était toujours dans l’hôpital, je n’avais plus de ventre. En effet, c’était le seul point positif d’avoir vécu ces 7 ou 8 mois avec l’hyperemesis gravidarum. Je pense que maintenant, je comprends pourquoi à chaque fois à la sortie de la maternité, Kate avait une figure svelte et à envier. Sinon, je vous parlerai plus tard dans cet article pour vous dire comment je l’ai vécu et comment je me suis organisée pour traverser cette période. Donc, pour moi, c’était de la nausée matin, midi, soir, suivi de vomissements. Et des vomissements partout : à la maison, au travail, dans les transports en commun….

 

Comment c’est apparu ?

Combien de temps cela a duré ?

Je n’oublierai jamais ce soir-là, un vendredi soir, vers la fin janvier (enceinte de 2 mois), où j’ai mangé un plat indien, du poulet curry. Et vers 23 h, tout a commencé. Un tour dans les toilettes, 2etour et un troisième pour finir la soirée en beauté :). Le week-end était difficile, avec des vomissements, jusqu’à 6 à 8 fois par jour. Un ou deux jours avant, j’avais commencé à prendre de l’acide folique, prescrit par ma sage-femme et je pensais que c’était la cause de mes nausées. Qu’est-ce que j’en savais de la vie de femme enceinte, je cherchais juste une explication. En même temps, je pensais que cela allait passer, j’attendais, j’attendais, mais cela ne passait pas. La semaine a débuté et j’ai repris le travail. J’étais au début de ma grossesse, 7 ou 8 semaines, donc je n’avais pas encore annoncé la nouvelle au travail. Je vous laisse donc imaginer mon état de nausées constantes au travail. Pendant ma grossesse, j’ai été arrêtée 2 ou 3 fois, parce que tout simplement, ce n’était pas possible de travailler ainsi. À partir de ce moment-là, j’ai vécu le reste de ma grossesse avec des sacs plastiques dans ma poche. L’été était plus facile à vivre, juste avec quelques accidents. Pour tout vous dire, j’ai même vomi le jour de mon accouchement. Donc, pour moi, cela a duré environ 8 mois, avec une période beaucoup trop intense pendant les 5 premiers mois de grossesse.

 

Comment je l’ai vécue ?

Mes expériences au travail, à la maison, en voyage.

Vomir 13 fois par jour n’est pas évident. Je pense que c’était mon record. Que l’on travaille ou pas, cette situation n’est pas facile à gérer. D’autant plus qu’elle est souvent accompagnée par un épuisement. Vous trouverez ci-dessous quelques exemples de situations où je devrais vivre et gérer cette maladie.

Dans la voiture 

Les trajets en voitures sont devenus pénibles. Au début, tout va bien et tout d’un coup, je me répète, que tu as mangé ou pas, tu as la nausée, accompagnée de vomissements. Si vous n’avez pas mangé, donc vous n’aurez rien dans l’estomac, vous vomirez donc un liquide de couleur jaune clair (désolée pour les détails :)). A part les sacs plastiques que j’avais dans les poches de mes vestes, j’avais également laisser quelques sacs dans notre voiture. Je me souviens, vers semaine 8 ou 9, on s’apprêtait pour aller chez ma belle-sœur. On n’avait pas encore annoncé la nouvelle à personne. Et j’ai vomi sur le trajet dans la voiture. Je voulais juste que cela n’arrive pas sur place, étant donné que ce n’était pas encore officialisé.

Dans les transports en communs 

Là, c’était le plus difficile. Effectivement, en tant que femme enceinte, vous pouvez aménager vos heures de travail. Cependant, vous savez comment sont les transports en commun à Paris, il y a toujours du monde dans le métro. Je me souviens, une fois, j’ai vomi dans le métro, enfin, à la sortie car je me retenais. J’étais à 3 ou 4 stations de la maison. C’étaient les chaussures un peu sales d’un des passagers qui ont tout provoqué. Je ne sais pas comment mon regard est tombé dessus, mais cela m’a donné de la nausée et c’était difficile de me retenir. Je faisais un effort énorme pour ne pas vomir dans le métro, même si j’avais un sac plastique dans la poche de ma veste. J’attendais, je fermais les yeux pour ne pas voir d’autres images qui pourraient m’écœurer. Au moment on est arrivé à la station, je me souviens, j’ai poussé les gens en disant « pardon, pardon », je suis sortie en courant vers le banc en face et j’ai sorti mon sac. Je vous épargne la suite. Heureusement (ou malheureusement) que dans les grandes villes, souvent, les gens ne prêtent pas attention à des situations comme celle-ci.

Au travail

Il s’avère très complexe de vivre cette maladie au travail, si vous n’avez pas encore annoncé la nouvelle. Maintenant, on a des jours de télétravail, mais il y a quelques années de là, on était 5 jours sur 5 au bureau. En plus, si vous partagez votre bureau avec d’autres personnes, alors là, je n’imagine même pas. J’avais la chance d’être toute seule dans mon bureau et d’aller aux toilettes si besoin. Deux sont les situations que je n’oublierai jamais. La première, c’était juste après le déjeuner. J’avais mangé en entrée une salade de carottes râpées. Le plat, je ne me souviens pas, mais une heure après, mon estomac était vide….Tout ce que j’avais mangé à midi, s’est retrouvé dans les toilettes. En plus, ma gorge était tellement irritée. Je pense que c’est à partir de ce moment et jusqu’à maintenant que j’ai un peu du mal avec les carottes.

La deuxième fois, c’était pendant une réunion. On était 3 dans la salle, en réunion avec un de nos partenaires. À un moment donné ils m’ont beaucoup énervée, et j’ai commencé à me sentir très mal. Je tremblais comme si j’avais de la fièvre 40° C. C’était difficile de cacher et là, la nausée est arrivée. Direction les toilettes en m’excusant très rapidement auprès des gens présents dans la salle.

En vacances

 Malgré tout cela, nous avons pu prendre des vacances et passer de bons moments pendant l’été. Enceinte de 7 mois, nous sommes partis en Sardaigne. L’hyperemesis gravidarum avait commencé à disparaître, jusqu’à ce que pendant un trajet en voiture sir l’île, nous avons dû nous arrêter. Heureusement que je n’avais pas beaucoup mangé le matin….Je pense que c’était la seule fois pendant nos vacances où j’ai vomi. Le reste du temps, c’était juste de la nausée, et cela j’ose dire, aux bons moments. Sinon, nous avons pu profiter de la mer, des plages et de la piscine. Etant enceinte, c’était plus de la piscine pour nous, mais nous avons pu malgré cela découvrir certaines plages, endroits. Je me souviens que nous avons opté pour le tout inclus afin de nous éviter de chercher des restaurants au dernier moment et de nous déplacer juste pour manger.

À la maison

 J’arrivais toujours à faire des choses, mais j’avoue que j’avais quelques moments où j’étais épuisée. La seule chose que je faisais, c’était de rester au lit. Je n’avais même pas envie ou la force d’ouvrir un livre. Tellement je me sentais épuisée. Je passais le temps au lit, au téléphone avec des amis, de la famille. Et encore, cela me coûtait beaucoup d’efforts. Étrange, mais vrai. Moi-même, j’étais étonnée de l’épuisement et de mon manque de forces. J’arrivais quand même à cuisiner, à travailler un peu, à m’occuper de la maison, à préparer les quelques cartons pour notre déménagement.

J’ai également vécu la canicule. Ces quelques jours (3 ou 4 au total), ou la température montait jusqu’à 40° C et cela devient invivable à Paris. De l’air sec, difficile de respirer, on transpire tout le temps. Heureusement que je suis plus ou moins habituée aux températures élevées, mais j’imagine que ce n’est pas le cas pour certaines femmes. Donc, vivre la canicule en tant que femme enceinte qui souffre de hyperemesis gravidarum devient encore plus compliqué. Boire beaucoup de l’eau reste la règle de base. Baisser les stores et fermer les fenêtres si vous n’avez pas (ou même si vous avez une clim) pour ne pas laisser l’air chaud et le soleil entrer. La nuit, ouvrir les fenêtres pour rafraîchir la maison. Et si la journée, si vous avez du mal à rester chez vous, allez dans un centre commercial pour profiter de la fraîcheur de la clim :). C’est une bonne excuse pour ajouter quelques mignonneries dans la garde-robe de votre futur bébé.

 

Que faire si on souffre de hyperemesis gravidarum ?

Du repos, du repos et encore du repos. Je sais que cela paraît difficile à envisager pour les femmes très actives. Cependant, vous comprendrez cette situation très bien lorsque vous êtes clouée au lit et que vous aurez du mal à lire un livre ou à vous cherchez à un verre d’eau. J’oserai à la comparer à un état grippal, dont l’épuisement est à peu près pareil. Effectivement, on ne vit pas de la même manière une grippe ou une grossesse, c’est pour cela que j’imagine que cela paraît assez difficile à imaginer.

Prendre du gingembre est un autre conseil donné par les docteurs. Malheureusement, cela n’a pas fonctionné avec moi. En effet, au début de l’hiver, je buvais beaucoup de tisane faite maison, avec du gingembre, miel et citron. Je pense que c’est à cause de cela que le gingembre m’écurait pendant ma grossesse. Votre sage-femme peut vous prescrire des médicaments (en cachets ou en suppositoires). Chez moi, cela n’a pas eu d’effet.

Manger peu, mais régulièrement. Effectivement, la nourriture est très importante pour le bébé. Il faut qu’il se nourrisse et qu’il grandisse bien, avant de venir au monde. Avant ma grossesse, je ne prenais jamais du petit-déjeuner, et même au début de ma grossesse. Et je me suis aperçue que j’avais beaucoup de nausées le matin. C’était assez étrange, je n’avais pas faim, mais j’avais envie de vomir. Ma sage-femme m’a donc conseillé de manger même si je n’avais pas faim, même une petite biscotte. Cela m’a beaucoup aidé et a diminué les nausées. Malheureusement, les vomissements continuaient aussi étrange que cela puisse paraître.

N’hésitez pas de garder le lit. Même si vous souhaitez continuer à travailler, n’hésitez pas de faire une pause de quelques jours. Cela vous aidera à bien vous reposer et de reprendre doucement, sans tomber dans l’épuisement total. Moi-même, j’étais arrêtée 2 ou 3 fois alors que je n’étais jamais absente. Cependant, cela m’a permis d’avancer doucement, mais sûrement dans mon travail et nos projets.

 

Je pense que j’ai abordé tous les points que je voulais. Encore une fois, il n’y a pas de règle miracle, sauf le repos :). Je sais que nous avons tous une sensibilité différente à la douleur, aux différentes situations. Certaines femmes vivent le hyperemesis gravidarum très difficilement, jusqu’à être hospitalisée. D’autres ont la chance de continuer leurs projets, tout en restant vigilantes quand même. Cela reste un sujet très personnel, mais j’ai décidé d’en parler et de partager mon vécu, en espérant que cela peut être utile pour d’autres femmes qui en souffrent de l’hyperemesis gravidarum.

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